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Collection > Volume 28 Numéro 3 (2018) > Exclusivité web >

Québec: Traces sonores du printemps 2012
«et tout ce qu’on entendait, c’était la clameur populaire, au loin»

Une enquête en ligne de Symon Henry et Emanuelle Majeau-Bettez1

Résumé

Ce carnet de terrain présente un recueil de données sonores liées au mouvement social du printemps québécois de 2012. Les éléments récoltés couvrent un éventail allant de la pièce de musique expérimentale à la chanson populaire, en passant par le bruit des casseroles et des hélicoptères sous forme d’enregistrements sonores ou de descriptions textuelles, entre autres. Les auteurs catégorisent les données de manière temporelle et spatiale. Cette enquête offre un bassin de ressources primaires ayant trait au printemps 2012, et se veut un outil de recherche et de dialogue pour d’éventuels chercheurs s’intéressant aux questions de musique et de politique, de sons et d’espace et de mémoire populaire.

Mots clés: Printemps érable, traces sonores, manifestations, mouvement social, musique politique.

Note: Ce document est une exclusivité web, disponible uniquement sur ce site.

Une enquête en ligne de Symon Henry et Emanuelle Majeau-Bettez

Ce carnet retrace certains des sons, des chansons, des bruits et des clameurs que les manifestations étudiantes et le mouvement social du printemps 2012 ont laissés derrière eux au Québec. Classées par temporalités — le temps des actions, des casseroles, des chansons, etc. — plutôt que par genres musicaux, les traces sonores recensées dans cette enquête invitent le lecteur·e-auditeur·e à replonger au temps de leur émergence. Ainsi, six ans plus tard, on réécoute, par exemple, le 25 mai 2012 à 21 h, à l’intersection des rues Villeray et Saint-Hubert à Montréal, des personnes âgées qui commentent le passage d’une manifestation étudiante; on réentend le 22 avril 2012 où, pour le Jour de la Terre, des milliers de cloches ont sonné partout au Québec. On y redécouvre les chansons composées en lien avec ces événements par des artistes connu.es de la pop ou du hip-hop, mais aussi d’autres, moins connu·es, retracé·es dans les méandres de YouTube ou de Bandcamp. Ariane Moffatt, DJ-Horg, Yann Perreau, Godspeed You! Black Emperor et Jon Lajoie se retrouvent ainsi sous le même index qu’un groupe d’étudiant·es du Cégep de Drummondville, qu’un certain Jasmin Lafortune, alias PoPO, ou que 2 Bonnes Patates.

Un printemps tout en contrastes où la ballade romantique «Dans les Yeux de Léo» de DouceRebelle aura été mise en ligne la veille de la chanson punk «Osti d’Frisé» des bands Shyshit, Unexpect et Dark Shit of Death. Un printemps tout en résonances, aussi, puisque de différents regroupements et actions sont nés des projets artistiques pérennes aussi divers que l’étiquette Acte, le band post-punk Ought ou encore l’Orchestre symphonique de l’Agora.

Chorales, orchestres, plusieurs pièces de musique contemporaine et concerts marquants y sont répertoriés, souvent grâce à des musicien·nes, compositeur·es ou témoins qui ont partagé avec nous leurs souvenirs et autres documents pertinents. Entre deux chansons plutôt ludiques, on y retrouve également certains documents témoignant du cas du groupe Mise en demeure, ou encore des chansons «Charest dans un coffre de char» et «!!! garde ta main sur la brique!!! (L’Internet feat. le spvm)», controversés de par la violence de leurs propos. Mu·es par le devoir de mémoire, nous avons répertorié un large éventail de sources sonores primaires, avant tout dans le but qu’ils servent d’outils de travail pour des projets de création ou de recherche futurs. Quelque 150 sources ont été recueillies jusqu’à maintenant, et nous espérons que ce projet de collecte de données continuera de croître au fil des ans 2.

Note

Emanuelle Majeau-Bettez était étudiante au baccalauréat en musicologie et piano à l’Université McGill lors du printemps 2012. Symon Henry, pour sa part, était alors étudiant à la maîtrise (desm ii) en composition et analyse musicale au Conservatoire de musique de Montréal, où il était représentant des compositeur·es à l’Association étudiante et membre de son comité de grève. Nous avons tenté d’approcher la recension des traces sonores de ce moment important de l’histoire sociale québécoise avec le plus d’objectivité possible, en nous basant sur nos réseaux (artistiques, scolaires et sociaux) et ressources propres, tout en reconnaissant les limites de cette démarche.

Page article@28_3_09.1 générée par litk 0.600 le lundi 10 décembre 2018.
Conception et mise à jour: DIM.