» Vimeo
» Facebook
» Twitter

Achetez ce numéro en ligne [Comment?]


Téléchargez ce numéro via Érudit (Gratuit!)

Collection > Volume 24 Numéro 2 (2014) > Actualités >

Nouveautés en bref

Isaiah Ceccarelli

(fig. 1)

Standing Wave — Liquid States — Redshift Records / TK427 / 2013

Standing Wave 1 est un ensemble de musique de chambre basé à Vancouver. Dédié à la création et à l’interprétation d’œuvres nouvelles, l’ensemble est composé de quelques-uns des musiciens les plus en vue de Vancouver: Christie Reside, flûte; AK Coope, clarinette; Rebecca Whitling, violon; Peggy Lee, violoncelle; Allen Stiles, piano; et Vern Griffiths, percussions. En 22 ans, l’ensemble a créé 75 œuvres.

Standing Wave nous livre son troisième album, Liquid States, sur lequel on trouve des œuvres des compositeurs canadiens Jeffrey Ryan, Jocelyn Morlock, Rodney Sharman et Linda Bouchard, qui ont été enregistrées pour diffusion par CBC Radio Two à Vancouver. Les compositions sont variées et pertinentes, tandis que l’interprétation et la musicalité de l’ensemble sont sans reproche.

Jeffrey Ryan s’intéresse à la manière dont des compositeurs œuvrant dans des domaines dissemblables emploient les mêmes éléments compositionnels (gammes, rythmes, etc.) à des fins entièrement différentes. Dans Burn, il recycle des éléments employés dans la chanson pop Keeping Our Love Warm, de Toni Tennille (du duo Captain and Tennille), pour créer une œuvre tout à fait fraîche, mais étrangement apparentée à l’originale. Theft, de Jocelyn Morlock, s’inspire de deux images trouvées dans Cent ans de solitude du regretté romancier Gabriel García Márquez. L’œuvre est divisée en deux mouvements distincts: le premier est calme, répétitif et contemplatif, le second est très dynamique, avec des rythmes ciselés et des échanges rapides et disjonctés entre différents groupes d’instruments. Pavane, Galliard and Variations, de Rodney Sharman, est une transcription d’œuvres pour clavier de William Byrd où la musique originale est retravaillée par le compositeur à la manière d’une fantaisie. Liquid States, qui a donné son nom à l’album entier, est une composition de Linda Bouchard dans laquelle des matériaux musicaux, qui semblent n’avoir ni début ni fin, sont exposés à l’état brut. La compositrice compare son vocabulaire musical à des éléments naturels — gaz, eau, formations rocheuses — grossis à la loupe.

(fig. 2)

Tony Arnold, Aiyun Huang, Thomas Rosenkranz — Inflorescence: Music from soundSCAPE — New Focus Recordings / FCR140 / 2013

SoundSCAPE 2 est un festival italien de musique contemporaine qui fêtera ses 10 ans en 2014. Pendant deux semaines, chaque été, des musiciens et des compositeurs participent à des cours de maître, des lectures et des concerts. Ce disque, mettant en vedette les musiciens invités du festival qui forment l’ensemble à géométrie variable Musicians from soundSCAPE, explore de nouveaux terrains sonores pour trio de voix, piano et percussions. Les musiciens de l’édition 2013 du festival comprenaient la soprano Tony Arnold, le pianiste Thomas Rosenkranz et la percussionniste Aiyun Huang, cette dernière étant à la fois directrice du département de percussions et directrice de l’ensemble de percussions de l’Université McGill, à Montréal.

Les œuvres enregistrées sur ce disque, dont la qualité sonore est exceptionnelle, nécessitent une virtuosité de la part de chacun des instrumentistes; et ils sont à la hauteur. L’ensemble exécute avec succès les œuvres de Josh Levine (Breathing Ritual et Transparency), Anton Webern (Four Songs Op. 12), Mark Applebaum (Curb Weight Surgical Field), Frederic Rzewski (Piano Piece No. 4), Georges Aperghis (Récitations No. 9 & 10b) et Richard Carrick (Notebook, Bedside).

Nous avouons un certain faible pour les pièces de Josh Levine présentées sur ce disque, mais cet album est conseillé en son entièreté aux auditeurs curieux d’entendre un petit ensemble de chambre à la maîtrise redoutable de ses instruments. La musique en est fort agréable et la qualité de l’enregistrement montre qu’une grande attention a été apportée à la production.

(fig. 3)

Nimrod Sahar — Je suis le vent — Éditions Hortus / Hortus 105 / 2013

Né en Israël en 1978 et désormais basé principalement en Europe, Nimrod Sahar 3 est un jeune compositeur qui vise large avec cette longue œuvre parue aux Éditions Hortus en 2013.

Écrite sur des textes de la pièce Je suis le vent (Eg er vinden,2007) du dramaturge norvégien Jon Fosse, cette grande composition a une durée de 52 minutes. Enregistrée en février 2008 au Conservatoire royal de Bruxelles, Je suis le vent est écrite pour voix de contre-ténor et violon, et divisée en 14 mouvements de durées très inégales (de 44 s à 13 min 05 s).

S’appuyant sur des fragments de conversations tirés de la pièce de Jon Fosse, dont plusieurs sont antérieurs et d’autres postérieurs au suicide de l’un des deux personnages, Sahar a commencé avec la seule note si et de nombreuses modulations microtonales autour de cette note. À la fin de la période de composition, Sahar a remarqué qu’il avait trouvé une nouvelle possibilité harmonique et a décidé de composer une section pour violon solo, qui serait insérée au milieu de l’œuvre, et dans laquelle sa recherche sur les intervalles serait exploitée. La pièce se concentre donc autour de quelques séries d’intervalles microtonaux et d’un texte «caché», dont le sens n’est dévoilé que lentement. Par exemple, au début de la composition, Sahar n’utilise que des voyelles des mots tirés du texte. De fait, notre écoute est tendue à l’extrême et le texte se soustrait à une compréhension immédiate. On trouve dans la partition même des textes à prononcer silencieusement dans la tête du chanteur, ce qui rappelle les extraits de textes de Hölderin dans Fragmente — Stille, an Diotima (1979-1980), le légendaire quatuor à cordes de Luigi Nono.

Bien que l’album soit divisé en plusieurs mouvements, la musique est très sombre et espacée, et il est donc avantageux d’écouter la pièce en son entièreté afin d’en saisir l’effet. La technique compositionnelle de Nimrod Sahar, le chant du contre-ténor Michael Horfmeister et le jeu du violoniste Naaman Sluchin sont exceptionnels. Somme toute, Sahar est un compositeur prometteur à suivre dans la lignée européenne contemporaine.

Page article@24_2_07.4 générée par litk 0.600 le lundi 16 avril 2018.
Conception et mise à jour: DIM.