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Collection > Volume 22 Numéro 1 (2012) > Nouveautés en bref >

Christian Bouchard
Automacité

Martin Marier

(fig. 1) Empreintes DIGITALes // IMED 11108 // 2011

Christian Bouchard, avec son disque Automacité, propose une musique très énergique, voire frénéti que. Le montage très serré, les sons électroniques et les artefacts de traitement plongent l’auditeur dans un univers franchement glitch.

Impasto, un triptyque de quarante-cinq minutes, est, aux dires du compositeur, une pièce sur les peintres expressionnistes abstraits (Pollock, Riopelle et Shiraga). La forme générale est volontairement intangible et sans climax, ce qui rappellerait le style «All-over» de Pollock et des autres. Ce type de transposition de la peinture vers l’art sonore est très risqué: le «All-over» fonctionne bien pour une forme qui se déploie dans l’espace, mais le résultat est moins heureux si elle se déploie dans le temps. Malgré cela, Bouchard s’en tire plutôt bien. On aurait souhaité une structure plus claire, mais la matière sonore est si habilement articulée qu’on ne s’ennuie que rarement.

Les deux autres pièces du disque sont plus tranquilles. On est toujours dans le glitch, mais le rythme est moins effréné et les formes sont un peu plus classiques. La dernière pièce, Objet menacé, est bien équilibrée: les moments plus fougueux sont contrebalancés par de profondes respirations et les sons électroniques sont parfois ponctués de sons concrets plus sensuels. Cette symphonie de parcomètre est, somme toute, plutôt sympathique.

Page article@22_1_05.2 générée par litk 0.600 le lundi 10 décembre 2018.
Conception et mise à jour: DIM.