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Collection > Volume 14 Numéro 1 (2004) >

À bon entendeur
Petite note sur «l’écoute structurelle»

Jean Lauxerois

Résumé

La notion d’«écoute structurelle», qui apparaît dans Introduction à la sociologie de la musique, a donné lieu à une masse de commentaires qui sont autant de malentendus. Loin de faire d’une telle écoute son credo définitif, la pensée d’Adorno en effet s’est considérablement enrichie voire infléchie sur ce point. Mais il se révèle surtout qu’elle est moins une pensée de l’«écoute» que de «l’ouïr» musical, et qu’elle démobilise elle-même le privilège que la traduction du verbe hören accorde indûment, en français, au terme «écoute». Entre écouter, entendre et ouïr, il y a une radicale différence des sens, que ce privilège oblitère. On récusera du même coup qu’il y ait une essence invariante de l’écoute, celle d’un «sujet» également invariant. La promotion moderne de l’écoute, liée à l’apparition technique de «l’écouteur», répond au devenir métaphysique du sujet occidental et de son «otonomie», symptôme d’un «malaise dans l’écoute» qui serait l’une des formes de celui que Freud explore de la culture. C’est au contraire au défaut du sujet et de sa finitude que peut se situer la vérité de l’ouïr. L’oreille relève ainsi d’une temporalité, dont La Recherche du temps perdu montre qu’elle est le cœur du fait que le sujet entend toujours «à l’envers»: pour se résorber et se construire temporellement, techniquement, «à l’œuvre».

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