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Collection > Volume 12 Numéro 1 (2001) >

Avant-propos

Michel Duchesneau

Le compositeur belge Henri Pousseur était au Québec en janvier 2001 à l’occasion d’un événement organisé en son honneur par l’un de ses anciens élèves, Michel Gonneville, professeur au Conservatoire de musique du Québec à Montréal. Comme l’explique Michel Gonneville dans son texte de présentation, l’événement Pousseur était constitué d’une série de conférences, classes de maître et concerts, qui ont permis à ceux et celles qui les ont suivis de découvrir ou de mieux connaître un compositeur et une œuvre dont l’influence, au cours de la seconde moitié du XXe siècle, a été déterminante pour nombre de jeunes musiciens qui furent ses élèves. Circuit consacre donc le présent numéro à cette manifestation et a demandé à Michel Gonneville d’en assurer la direction rédactionnelle.

Pousseur est de cette race de têtus admirables. Têtu dans le sens qu’il a mené des batailles avec l’intime conviction qu’il n’y a pas une vérité. Têtu parce qu’il s’est senti le devoir de se placer en contradiction avec la mode, si celle-ci lui semblait mener à un cul-de-sac. Pousseur a donc «refusé le refus»!

Il est évident que le postmodernisme d’un Pousseur fut une sorte de pavé dans la mare du sérialisme intégral, strict et rigoureux. Son entêtement et les efforts incroyables qu’il a prodigués en tant que compositeur, théoricien, enseignant et administrateur ont tracé de nouvelles voies. Ces dernières n’aboutiront peut-être pas toutes, mais du moins, elles auront eu le mérite d’ouvrir de nouveaux espaces sonores et de pensée.

Dans cette optique, je n’ai pas été surpris que Pousseur ait tenté de créer d’autres liens avec le public que ceux qui sont établis par l’intermédiaire du traditionnel concert en salle. Son aventure de concert marathon «Midi-minuit» m’a inévitablement fait penser à la Symphonie du millénaire, présentée sur le site extérieur de l’oratoire Saint-Joseph à Montréal devant 40 000 personnes. Ce souci de rejoindre un autre public, non pas en popularisant l’œuvre musicale, mais plutôt en la plaçant dans un contexte d’accessibilité, est un principe qui mérite qu’on s’y attarde. On ne peut cependant qu’être soucieux de la situation de la création musicale lorsqu’on lit Pousseur. Bien qu’il sache communiquer son optimisme, on se rend compte qu’il existe toujours autant de barrières à une relative harmonisation de la relation entre le public et le créateur. Pourtant, des moyens beaucoup plus considérables, tant économiques que techniques, sont désormais disponibles (si on les compare à ce qui fut disponible avant la Seconde Guerre mondiale, par exemple). Sont-ils si judicieusement utilisés qu’on le dit? Que manque-t-il vraiment aux créateurs pour que le fruit de leur travail soit mieux partagé?

Pour compléter ce numéro, un peu en écho au précédent, Nicolas Donin a préparé un compte rendu de l’ouvrage dirigé par Françoise Escal et François Nicolas Le concert. Enjeux, fonctions, modalités paru chez l’Harmattan. Nous avons également souhaité rendre hommage à deux compositeurs québécois qui ont joué des rôles fondamentaux dans l’essor de la création musicale au Québec et qui sont malheureusement disparus récemment: Jean Papineau-Couture et André Prévost. Les textes de Clermont Pépin et de Martine Époque nous offrent des souvenirs personnels qui mettent en lumière des traits particuliers de ces «hommes de bonne volonté».

Éric Morin, quant à lui, propose un hommage d’un tout autre genre, puisqu’il s’agit de souligner les 75 ans de François Morel qui, lui aussi, compte parmi les piliers de la création musicale québécoise et cela, bien qu’il ne puisse être associé à l’avant-garde. D’ailleurs, qu’est-ce que l’avant-garde? Nous y reviendrons!

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Conception et mise à jour: DIM.