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Collection > Volume 11 Numéro 1 (2000) >

Avant-propos

Serge Provost

Est-il possible de contempler une œuvre musicale, de l’explorer à loisir, d’entrer dans son intimité, comme on le ferait avec une œuvre picturale, un poème? De par sa nature, la musique semble échapper à ce genre d’expérience. En effet, comment contempler ce qui fuit, sinon en en épousant la course éphémère, pour n’en conserver que le souvenir mystérieux.

Certains spécialistes se penchent sur des partitions qui renferment des ensembles de signes, dont le sens échappe au commun des mortels, même si la fonction «solfégique» de la notation musicale reste relativement accessible. C’est par la qualité de son oreille intérieure, ses capacités spéculatives et l’étendue de sa culture, que l’analyste remonte aux sources de la musique et de ce qui a présidé à la construction d’une œuvre. Une analyse musicale attentive et sensible est une constante et patiente interrogation qui vise d’abord à mettre en lumière des objets articulés et corrélés, ensuite des procédés, des concepts, puis des idées… et finalement un imaginaire, musical certes, mais un imaginaire qui se nourrit d’une personnalité; celle du compositeur. Celui-ci se ressource généralement à sa propre vision du monde et à l’ensemble de symboles qu’il en tire pour les transformer en œuvre d’art.

L’analyse musicale ne prétend pas à la vérité, mais à la connaissance. En présence de l’art, n’est-on pas en présence d’une forme de sphinx?

C’est à cet exercice de lecture approfondie que se sont livrés les auteurs de ce numéro de Circuit en se consacrant à des œuvres québécoises marquantes. Michel Gonneville explore les mécaniques merveilleuses de Treppenmusik de John Rea et porte un regard sur le courant postmoderne québécois. Yves Daoust, par lui-même, s’ouvre sur une démarche musicale «sans crayon ni papier», qui tire ses concepts artistiques de la matière sonore vivante. Jacques Tremblay se penche sur l’intimité de l’écriture de Claude Vivier, qui témoigne d’un univers poétique complexe et puissant.

Sortant de la sphère québécoise proprement dite, Friedemann Sallis se livre à une critique du courant de pensée postmoderne appliqué à la musique, à partir de considérations sur l’œuvre tardive du compositeur italien Luigi Nono.

Enfin, Suzanne Alepin met à disposition un répertoire d’analyses d’œuvres de compositeurs québécois.

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Conception et mise à jour: DIM.