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Collection > Volume 3 Numéro 1 (1992) >

Éditorial

Jean-Jacques Nattiez

La présente livraison de CIRCUIT est en grande partie consacrée à un événement qui aura profondément marqué la vie musicale canadienne: la tournée de Pierre Boulez et de l’Ensemble InterContemporain qui, du. 15 mai au 9 juin 1991, les a menés de Toronto à Ottawa, Montréal, Québec et, finalement, à Halifax, dans le cadre du Festival de Nouvelle-Écosse.

On avait peu entendu parler de ce festival jusqu’à présent. Créé en 1980, il était surtout consacré à la musique de chambre. Mais Christopher Wilcox, son directeur-fondateur, particulièrement tenace, a la faiblesse de croire que Boulez est l’un des plus grands musiciens vivants. Première rencontre à Cleveland, en 1986. II y en aura quatre autres, à Paris ou à Chicago. c D’accord, dit-il à Wilcox, mais mon séjour à Halifax sera précédé d’une tournée canadienne avec l’InterContemporain, et on combinera concerts et activités pédagogiques afin de favoriser la communication.

Grâce à l’aide des gouvernements français et canadien, de nombreuses instances locales (les Universités d’Ottawa, de Montréal et McGill, les Orchestres symphoniques de Toronto, Montréal et Québec, New Music Concerts de Toronto, Music Toronto et la Société de musique contemporaine du Québec) et de la compagnie Air Canada, c’est plus qu’une tournée qui nous est proposée. Dans la plupart des villes, les deux programmes de l’Ensemble InterContemporain sont complétés par des concerts de musique de chambre et des classes de maîtres avec ses solistes. À Halifax, Boulez dirige plusieurs concerts symphoniques et de musique de chambre, et le Festival se clôt avec Le Mandarin merveilleux, La Mer et Le Sacre du printemps. A tout cela s’ajoutent au fil de la tournée la présentation du film d’Olivier Mille sur Répons, des ateliers sur Mémoriale, Dialogue de l’ombre double et Dérive I, des analyses de Mémoriale et des deux quatuors de Webern, un cours de direction d’orchestre, une entrevue publique, des conférences sur l’IRCAM et sur l’avenir de la musique…

Le numéro s’ouvre sur ce thème, avec un texte inédit de Pierre Boulez présenté sous forme d’entrevue. Nous y avons réuni des extraits de son entretien public montréalais, auxquels nous avons ajouté des passages des exposés d’Ottawa et de Halifax qui nous ont paru les plus représentatifs de sa manière actuelle de concevoir l’orientation de la composition musicale. II va sans dire que l’auteur a minutieusement relu et corrigé ce montage. Suit un dossier dans lequel Sophie Galaise a réuni les réactions de neuf compositeurs québecois d’orientations esthétiques différentes auxquels nous avons communiqué le texte de Boulez. Très tôt dans sa carrière, le compositeur avait annoncé qu’il écartèlerait le visage de Webern, «car il n’est point requis de s’abandonner à l’hypnose. A son tour…

La deuxième partie de cette livraison tente de refléter l’ensemble de la tournée. Une chronologie détaillée énumère, en contrepoint, le relevé des événements eux-mêmes et la liste des comptes rendus et émissions de radio qu’ils ont suscités. Suit un e portrait d’impact» dans lequel on a tenté de proposer une image représentative des réactions véhiculées par les différents médias. Deux comptes rendus, par François de Médicis et David Olds respectivement, s’attachent aux conférences d’analyse de Boulez présentées à Montréal et au remarquable atelier consacré à Mémoriale avec les musiciens de New Music Concerts de Toronto.

La préparation de ce numéro consacré à la tournée canadienne de Pierre Boulez s’inscrit dans le cadre du «projet Boulez» subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

La section «Rubriques» du numéro est principalement consacrée aux disques de musique contemporaine publiés au Québec ces deux dernières années. Le contenu de l’une d’entre elles convaincra, si besoin était, que CIRCUIT n’entend pas être l’«instrument de pouvoir» des membres de son comité de rédaction. Nous espérons présenter cette chronique tous les deux numéros, en alternance avec le bilan de la saison musicale montréalaise.

CIRCUIT poursuit sa politique de dialogue avec les arts plastiques. La sortie de ce numéro en mai 1992 coïncide avec l’inauguration du nouveau Musée d’art contemporain de Montréal à laquelle participent le NEM et la SMCQ. Pour souligner cette conjonction, Stéphane Baillargeon analyse ce qu’elle signifie dans le paysage culturel québecois. Le choix d’Antoine Pentsch pour l’illustration de ce numéro était sans doute approprié, l’artiste nous ayant dit, après coup, se reconnaître pleinement dans l’univers boulézien.

Page article@03_1_1 générée par litk 0.600 le lundi 13 novembre 2017.
Conception et mise à jour: DIM.